Les concours d'écriture

1 Beitrag • 92 Mal aufgerufen

Dieses Thema wurde im Forum Französisch veröffentlicht

J'aime bien participer pour le fun. Des sites référencent les concours de toute la France avec souvent un sujet libre mais je préfère les sujets imposés comme celui-ci en 1500 mots max :
Thème : Un nouveau type d'expérience : des passagers montent à bord d'un A380, se font servir des repas, profitent des messages d'accueil du personnel naviguant mais ne décollent jamais du tarmac de Tokyo…
En regardant le crunch ce soir à la télé, le portable sur les genoux, le match m'a transporté vers d'épiques batailles.
Là j'en suis à la fin avec seulement 1000 mots pour les 1500 requis, alors j'ai encore quelques jours pour peaufiner l'histoire et vous pourriez être de quelque secours à cet effet.


C’est le jeu qui fait fureur : le Shakringo.
C’est un jeu de rôle en ligne massivement multi-joueurs, comme on dit aujourd’hui, qui retrace la mythique bataille qui opposa d’un côté les esprits de la Terre, et des Vents et de l’autre les génies de l’Eau et de la Vie. On connait tous la légende. Les forces de la Terre qui se trouvaient à l’étroit dans ce qui serait plus tard le Céleste Empire, entre la barrière himalayenne et l’océan infini, s’unirent aux vents pour agrandir leur territoire en bannissant les eaux. Les vents créèrent d’immenses dunes de roches qui roulèrent et avancèrent pour refouler les flots. Les âmes aquatiques s’unirent aux eaux et repoussèrent l’assaut en soulevant d’indicibles montagnes d’eaux qui sapèrent les lignes de roches ennemies. La seule trace de cette confrontation visible de nos jours est le sommet en arc de cercle de la barrière qui essaya jadis d’évincer les eaux. C’est l’ile de Honshu et une kyrielle d’ilots qu’on appelle aujourd’hui le Japon.

Or donc en cette fin de mars, c’est la fête de la floraison des cerisiers. Les éliminatoires internationaux du Shakringo ont prit fin sur les pentes du mont Fuji et les bienheureux finalistes s’envolent vers Dunhuang, cette oasis dans l'étendue aride du désert de Gobi, autrefois l'un des arrêts les plus importants le long de la route de la soie, qui est depuis toujours l’antre des mages de la Terre.
L’aéroport de Tokyo est comme à l’habitude complètement dépassé par le flot de voyageurs, les retards s’accumulent, les valises se perdent et les embouteillages quotidiens ne laissent que peu de chance d’attraper son avion. Mais c’est le jour de la floraison et comme on l’a déjà évoqué les autochtones ont d’autres préoccupations que de prendre l’avion.
Donc tous nos compétiteurs se retrouvent ensemble et sans anicroche dans le bel avion A380 avec leur fourbi électronique. Téléphones, montres, objets connectés, tout est bon pour participer au Shakringo lorsque ces appareils sont en marche. C’est ainsi que lorsque la voix suave de l’hôtesse demanda aux passagers d’éteindre leurs appareils électroniques une bronca à tout casser s’éleva et le début d’émeute fut difficile à maitriser. Tous les compartiments à bagage étaient ouverts et des cris s’élevaient de partout.
Dans sa grande sagesse le commandant de bord fit servir le repas qui n’était prévu que lorsque l’avion survolerait les terres chinoises. Des sushis, encore des sushis, au moins les 555 compétiteurs se tairaient en mangeant. Puis il fallu bien se résoudre à modifier les consignes pour le décollage, les geeks ne pourraient manifestement pas supporter ces quelques heures d’avion sans leurs ustensiles, véritables prolongements de leurs cellules nerveuses.
C’est avec deux heures de retard dues à ces péripéties que l’avion s’ébroue enfin sur le tarmac et la geisha de service annonce que les instruments électroniques pourront être utilisés lors du vol et qu’un réseau local avait été établi à la hâte. Sous les hourras tous se connectèrent immédiatement et créèrent ainsi une singularité énergétique qui picota l’esprit de la Terre.

Après l’affrontement, le génie de la Terre s’était résigné à ses frontières océaniques antérieures, plus cette langue de terre au large qu’il arborait fièrement mais qu’il avait délaissé depuis. Il avait d’autres préoccupations. Depuis que ces bestioles intelligentes avaient proliféré sur terre, c’était d’incessants désagréments, on aurait dit qu’elles n’arrêtaient pas de batailler. Il y a quelques temps, c’étaient déjà deux grosses explosions sur cette étroite bande de terre conquise de haute lutte, ce dernier rempart face à l’océan.
Pour nous c’était il y a longtemps mais, pour les esprits, le temps ne s’écoule pas à la même vitesse, ils ont été bercés d’animaux sans malice depuis le crétacé et ce n’est que très récemment que ce bouillonnement d’insectes penseurs qui envahissent tout l’espace a commencé à les perturber et troubler leurs hautes pensées.

La bataille de Shakringo se déroula il y a plusieurs millions d’années mais c’est un bien faible laps de temps pour les esprits des eaux qui songeaient maintenant à prendre leur revanche. Les trois esprits des eaux (les eaux des océans, des rivières et du ciel) que l’on nomme les Aquistriae* voulaient venger l’affront des esprits de la Terre. Ils étaient toujours alliés aux esprits de la vie qui avaient fondé sur cette ile récente une nouvelle religion : le Shintoïsme, la religion de la vie, mais pour vaincre, il fallait l’aide des vents. Alors ce ne serait plus seulement ces vagues scélérates que les esprits des eaux entretenaient en une ronde constante autour de l’Antarctique mais d’irrépressibles tempêtes qui déferleraient et anéantiraient toute les velléités de domination des divinités de la Terre.
C’est par des jeux que les eaux tentaient de s’attirer les bonnes grâces des vents, un typhon de ci de là pour passer le temps mais les vents s’adonnaient surtout aux blizzards des hautes plaines et se délectaient des tramontanes qui sifflaient à vous rendre fou. Les vents s’intéressaient principalement à tout ce qui était en l’air et … bientôt le gros oiseau A380 prendrait l’air.
Il roulait déjà sur le tarmac.

L’alliance de la vie, de l’eau et des vents qui se concrétisait et menaçait de fondre sur son repère, c’en était trop pour l’esprit de la Terre. A aucun prix l’oiseau de fer ne décollerait !
A notre échelle on pourrait dire qu’il se secoua. Il émit une onde longue, comme une pulsation continue, dont les nœuds d’interférence se matérialisèrent sous l’avion qui roulait et prenait de la vitesse.

L’A380 tressaute et hoquette, il n’a pas atteint sa vitesse de décollage mais se retrouve déjà propulsé par la secousse sismique. Il agite désespérément ses ailes désarticulées et lentement retombe, terrassé, son train d’atterrissage lance une plainte de ferraille tordue. Dans un râle il s’arrête, de travers, ses organes grincent et crissent, les plus désespérés sont les chants les plus beaux, et j'en sais d'immortels qui sont de purs sanglots. Le cœur du réseau local palpite toujours, lui qui devait être l’arme décisive jongle encore avec les jetons de puissance mais il n’est plus que le pantin hagard d’une danse macabre. C’est déjà fini. La bataille n’aura pas lieu. Les eaux et le vent pestent en tempête mais les secousses du tremblement de terre ne sont déjà plus que le hoquet du rire du seigneur de pierre.
Vous m’amusez avec vos escarmouches.
Mais diable, qu’est-ce donc encore, voilà que ça picote dans les lointaines terres d’outre-Oural, mais quand donc cette vermine intelligente va-t-elle donc en finir avec ses guerres ?

*Aquistriae qui signifie en latin « les trois eaux » est un des anciens noms de la ville de Guîtres, et fait référence aux rivières l’Isle, le Lary et la Galostre qui s’y rejoignent. Et comme c'est un concours d'écriture de la ville de Guîtres, charmante commune du Sud-ouest, c'est un clin d'œil, histoire de brosser le poil du jury dans le bon sens ...
Referee of south atlantic islands

» Forumsregeln

Die verwendete Zeitzone ist UTC+2:00.
Die aktuelle Zeit ist 15:28.