France: les fouilles archéologiques de Notre-Dame de Paris révèlent la possible sépulture du poète Joachim du Bellay
Dans trois mois, la cathédrale Notre-Dame de Paris rouvrira ses portes. Depuis son incendie, il y a cinq ans, les travaux de reconstruction vont bon train. Respectant la tradition concernant les bâtiments historiques, des fouilles ont également été menées. L'Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap) a présenté ce mardi 17 septembre un premier bilan de ces recherches, dont une sépulture qui pourrait être celle du poète français Joachim Du Bellay.
https://s.rfi.fr/media/display/aac14082-751a-11ef-af9b-005056bf30b7/w:388/p:16x9/000_36GB88F.jpg 388w,https://s.rfi.fr/media/display/aac14082-751a-11ef-af9b-005056bf30b7/w:720/p:16x9/000_36GB88F.jpg 720w,https://s.rfi.fr/media/display/aac14082-751a-11ef-af9b-005056bf30b7/w:980/p:16x9/000_36GB88F.jpg 980w" sizes="100vw" width="980">Lors des fouilles archéologiques au sein de la cathédrale Notre-Dame de Paris, en décembre 2023. © Sarah Meyssonier / AFPPar :RFISuivrePublicité
Une cinquantaine d'archéologues mobilisés avec l'obligation de terminer en un temps record pour rendre le bâtiment à temps en décembre. Ce fut un chantier hors norme, qui permet d'avoir un nouveau regard sur les reconstructions de Notre-Dame de Paris. « L'ampleur, la variété, la qualité des découvertes. [Ce sont] 2 000 ans de chronologie que l'on va revisiter sur Notre-Dame, sur l'ile de la Cité », indique Christophe Besnier, responsable des fouilles à l'Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap).
En creusant les tranchées pour poser l'eau et l'électricité à Notre-Dame, de très nombreuses sépultures ont été mises au jour. Celles d'hommes d'Église, en majorité. Les archéologues de l'Inrap ont notamment trouvé en 2022 deux sarcophages en plomb anthropomorphes à la croisée du transept.
L'un des deux sarcophages, qui portait une épitaphe, a été rapidement identifiée comme celui du chanoine Antoine de La Porte (1627-1710). Mais l'identité du second individu, un homme âgé d'une trentaine d'années, était mystérieuse. Qui était l'homme enterré dans un cercueil plombé sous la croisée du transept ? Un homme jeune, dont les os disent qu'il était un cavalier, qu'il souffrait d'une tuberculose et d'une méningite.
Éric Crubézy est médecin et professeur d’anthropologie. C'est lui qui a identifié Joachim Du Bellay. « Le portrait-robot a été établi au CHU de Toulouse où on a étudié jusqu'à présent le squelette de Joachim [Du Bellay], qu'on appelait jusqu'à présent “Le cavalier de Notre-Dame” et sur lequel on a étudié la pathologie du squelette », explique-t-il.
Joachim Du Bellay, un homme d'importance au-delà du poète
Le médecin poursuit : « Ce qui a permis de l'identifier, c'est toute une enquête historique. On a des documents sur Joachim Du Bellay, on connait mal sa vie, mais on a des documents concernant son inhumation. Donc, ce qui a été fait, c'est qu'on a revu totalement la biographie de Joachim Du Bellay pour savoir de quoi il avait souffert, de quoi il était décédé, quels étaient ses appuis politiques », relate Éric Crubézy.
« Ce qui est ressorti, c'est que Joachim Du Bellay a été très connu à la fin du XIXème siècle parce que c'était le poète qui chantait la France, qui chantait l'Anjou et qui parlait français alors qu'avant les poètes parlaient plutôt le latin », décrit Éric Crubézy. « Et à côté de cette légende, on a vu que c'était un grand poète, mais en dehors d'être un grand poète, c'était surtout un homme d'importance de son époque et qui vivait au sein d'une famille qui faisait partie du premier entourage royal et du premier entourage du pape à Rome. »
Joachim Du Bellay, a donc été identifié par ses os et une enquête historique concernant son inhumation. Cofondateur de la Pléiade – un groupe de poètes, mais aussi un mouvement littéraire français –, il est mort à Paris dans la nuit du 1er au 2 janvier 1560 à l'âge de 37 ans dans le cloître de Notre-Dame.