Pourquoi ce trésor de pièces de monnaie médiévales était sans doute l’"argent du diable" ?
Un trésor peut en cacher un autre. Trouver des pièces d’or, c’est avant tout mettre au jour un site archéologique, qu’il va falloir interpréter comme tel.

Aperçu des découvertes réalisées sur le site de Hezingen, aux Pays-Bas : trémisses et sceattas en or ou en argent, et fragments de bijoux en or (pendentifs, boucles d’oreille).
Lorsqu’un détectoriste trouve des pièces d’or, il pense avoir mis la main sur un trésor – le début de la fortune ! Or pour les archéologues, ce n’est pas sa valeur monétaire qui compte, mais le contexte global dans lequel s’inscrit cet amas d’artefacts. C’est ce que rappelle une étude publiée dans la revue Medieval Archaeology par une équipe de chercheurs néerlandais, à propos d’un trésor mis au jour dans l’est du pays, près du village de Hezingen.
Daté du 7e siècle de notre ère, à l’époque où les rites païens n’ont pas encore été refoulés par le christianisme, ce dépôt principalement constitué de pièces de monnaie et de bijoux aurait pu être "l’argent du diable", puisque c’est en ces termes que les missionnaires chrétiens condamnaient les offrandes consacrées aux divinités païennes.
Mais pour vraiment comprendre sa fonction, il faut interpréter le lieu de la découverte dans sa globalité. Ainsi, à partir de maigres indices, il devient possible de reconstituer tout un paysage rituel et de retrouver les gestes qui ont rythmé la vie d’une population disparue.


