Oui, j'ai vu mais ça ne me renseigne ni sur la provenance ni sur l'époque.😊On dirait bien de l'allemand on peut donc supposer Nuremberg et encore rien de sûr et pour la date…
Concernant les jetons de Nuremberg, un article de feu le magazine Numismatique et Change n 372 juin 2006
Yofi
bonjour
il nous manque ce magazine !
Donc “jeton de la série des personnages mythologiques” pour reprendre les termes exacts et pour modifier le titre du topic de Jacksparrow43 (Jacques le Moineau 43 in french)
Depuis le milieu du XVIème siècle la ville de Nuremberg a une production à caractère industriel de jetons de compte. Petit à petit ces fabriques vont inonder toute l’Europe jusqu’à arriver à une situation de quasi-monopole (de nombreuses lois notamment du royaume de France tenteront de protéger les productions nationales). Le secret des maîtres allemands réside en particulier dans le laminage des feuilles de laiton qui permet de faire de très grandes économies de métaux et donne cet aspect très fin caractéristique des jetons nurembergeois. Les thématiques sont extrêmement variées : certains copient des monnaies locales (d’où l’expression « faux comme un jeton » qui vient de ce que certains d’entre eux aient put tromper des utilisateurs, fig 1) ; d’autres font référence à des évènements contemporains, certains sont le fruit de commandes particulières et présentent des légendes aux devises qui nous échappent. A partir du XVIIème siècle vont fleurir des thèmes liés à la mythologie, l’histoire antique, la bible … Certainement en lien avec les prémices des lumières.
Successeurs des Krauwinckel, ils ont continué à produire des séries "à figures" pour l'exportation (notamment vers la France).
Ce jeton est particulièrement intéressant car il illustre parfaitement la transition entre les jetons de compte utilitaires et les jetons de collection (ou de jeu) plus tardifs.
Voici les détails de votre pièce :
L'identification du graveur
Le "L" que l'on voit très distinctement sous le buste de Minerve permet d'identifier l'atelier de la famille Lauffer (ou Laufer). À cette époque (fin XVIIe - début XVIIIe siècle), la famille Lauffer était l'une des plus puissantes de Nuremberg.
Description des faces
Avers (Face) : On y voit le buste de Minerve (déesse de la sagesse et de la guerre juste), coiffée d'un casque à haut cimier richement décoré. La légende indique clairement MINERVA.
Revers (Pile) : Il représente Cupidon (ou l'Amour) debout, tenant un arc d'une main et une flèche de l'autre.
La légende : « FUR LIEB UND FREUDE » signifie en allemand « Pour l'amour et la joie ».
L'exergue : Le mot « IETON » (avec un 'I' à la place du 'J', commun à l'époque) confirme sa fonction.
Analyse et contexte
Ce jeton fait partie d'une série "galante" ou mythologique. Contrairement aux jetons plus anciens qui servaient à faire des calculs sur des abaques, celui-ci était probablement utilisé comme jeton de jeu dans les salons ou comme objet de divertissement.
Le mélange des langues : Il est très courant de voir de l'allemand sur une face et un mot dérivé du français (Ieton) sur l'autre. Nuremberg exportait ses jetons dans toute l'Europe et s'adaptait à sa clientèle, notamment française, où le terme "jeton" était la norme.
Celui qui pose une question risque de paraître sot pendant cinq minutes, mais celui qui n'en pose pas restera sot toute sa vie.
Avant toute chose merci à tous pour l'intérêt que vous portez à cette discussion. Ce qui m'a interpelé dans l'article du magazine ce sont les usages divers et variés qui étaient faits de ces jetons : boutons ou bien encore “cales pour meubles”😁, tant les jetons étaient sans véritable valeur (tout au moins pour les plus récents). L' autre très intéressante facette de ces jetons est la caricature (involontaire ou non) des “grands ”…Louis XVI étant une cible privilégiée (décidément notre “poire nationale” ne s'est pas régalée une fois de plus).
Je découvre pour le coup les jetons et leur Histoire : vraiment passionnant !
pour extrapoler, si tu veux en savoir plus sur les jetons, il faut télécharger en pdf les volumes du Feuardent, ouvrages spécialisés sur les jetons anciens, et sans oublier les incontournables “archives jetons” de la CGB !
Celui qui pose une question risque de paraître sot pendant cinq minutes, mais celui qui n'en pose pas restera sot toute sa vie.