C'était le jour de la fête des Rois ; les princes étaient dans l’usage de faire un roi de la fève : le sort ayant fait tomber cette dignité sur le comte de Saint-Pol, François Ier envoya déclarer la guerre, selon l’usage. La maison du comte est assiégée : on attaque et on se défend avec des boules de neige, des pommes et des œufs.
François Ier
Le jeu s’échauffant, un des assiégés lance par la fenêtre une bûche enflammée, qui tomba sur la tête du roi, et le renversa sans connaissance. On voulut chercher l’imprudent qui avait fait le coup ; le roi ne le permit pas : « C’est moi, dit-il, qui ai fait la folie, il est juste que je la boive. »
Celui qui avait jeté le tison et blessé le roi était le comte de Montgomery, dont le fils blessa mortellement, dans un tournois, Henri II, fils de François Ier. Il est bien singulier qu’un père et un fils, sujets fidèles et remplis d’honneur, soient destinés par la fatalité la plus affreuse, l’un à blesser, et l’autre à tuer son roi.
François Ier, après cet accident, fut obligé de se faire couper les cheveux. Mais craignant d’avoir l’air d’un moine avec le chaperon de ce temps-là, la tête rasée et sans barbe, il imagina de porter un chapeau, et de laisser croître sa barbe. La longue barbe redevint donc à la mode, et continua d’y être sous Henri II, François II, Charles IX, et Henri III.