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Du XIVe au XVIIe siècle, Saint-Lô abritait un atelier monétaire important dans le royaume. Une histoire à découvrir et une exposition à voir au musée des Beaux-arts.
Pourquoi ? Comment ?
De quelle époque parle-t-on ?
L'atelier de Saint-Lô a été fondé en 1351, sous le règne de Jean Le Bon, et diffusera sa monnaie dans tout le royaume. Il fut particulièrement actif sous son règne et ceux de Charles VI, Henry V, Charles VII, Louis XI, Henry IV... Et sera mis en sommeil à d'autres époques. Fin de l'histoire en 1693 sous le règne de Louis XIV, date à laquelle Saint-Lô perd son titre de ville monétaire au profit de Caen.
Pourquoi un atelier monétaire royal à Saint-Lô ?
Christophe Maneuvrier, maître de conférences en histoire médiévale à l'Université de Caen, avance trois hypothèses : pour désenclaver Rouen, la capitale normande, difficile d'accès pendant la guerre de Cent Ans, et ainsi créer un atelier plus à l'ouest, parce que Saint-Lô était riche et possédait de nombreux orfèvres ; enfin pour une raison politique. Le roi Jean le Bon aurait choisi Saint-Lô, ville enclavée, pour contrer son gendre, Charles le Mauvais, roi de Navarre et possesseur d'une grande partie de l'actuel département de la Manche. Sans trancher, l'historien estime cette dernière hypothèse comme étant la plus vraisemblable.
Où était situé l'atelier ?
Trois emplacements sont connus, tous dans l'Enclos : rue des Fossés (près de la porte Dollée), le deuxième à l'emplacement actuel de la tour de Beauregard, le troisième au chevet de l'église Notre-Dame. « Il est impossible de connaître le nombre de monnaies frappées à Saint-Lô qui subsistent, tout comme il est impossible de connaître la totalité des pièces émises pour cet atelier », résume Charly Guilmard, président de section de l'Association numismatique du Cotentin. À noter que 63 monnaies sont rassemblées pour l'exposition, au musée.
Quelle est l'histoire du trésor de Saint-Lô ?
En 1986, lors de travaux d'extension d'un magasin, rue Torteron, les ouvriers ont trouvé une cache monétaire du XVIIe siècle, qui recelait 46 louis d'or et 66 écus et demi-écus d'argent, frappés sous le règne de Louis XIII et Louis XIV. Ils provenaient de 19 ateliers différents, dont celui de Saint-Lô. L'abandon de la cachette a été daté vers 1670. Il y a peut-être un lien avec la présence d'une famille protestante rue Torteron. Mais les cachettes étaient « monnaie courante » dans les familles aisées. Pour Charly Guimard, « les découvertes fortuites peuvent toujours arriver lors de travaux. Régulièrement, en France, de nouveaux trésors sont découverts. »

