La Monnaie de Paris, une entreprise commerciale et non d'Etat.

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On entend souvent parler de la MdP.

Voici un petit PDF qui apporte quelques info très intéressantes.
https://ehplodor.fr/pdf/rapport_annuel_2016.pdf

En vrac...
De 2007 à 2016 :
+ 100% de CA
+ 50% sur l'activité commerciale
- 42% d'activité d'Etat (monnaie courante)
- 33% d'effectif perenne d'Etat
+ 90% de contractuels (intérimaire et CDD)
Recherche (échange ou achat) coffret France FDC 1967, BU 91/92
Monnaies argents (5frs, 10frs, 50frs et 100frs) vente au cours du jour de la négo, non échangeables sauf contre coffrets ci-dessus.
Oui, business, business à la MdP... Pour les avoir fréquenté ces dernières décennies, on sent bien le mouvement de la "privatisation" de l'activité : toujours plus cher pour des monnaies qui ont toujours moins de métaux précieux par exemple... C'est bientôt Trésor du Patrimoine !
E P I C = Etablissement Public à Caractère Industriel et Commercial
BOINC
Verweis : "CREPOSUC"​E P I C = Etablissement Public à Caractère Industriel et Commercial
​C’est cela. Depuis 2007...
Recherche (échange ou achat) coffret France FDC 1967, BU 91/92
Monnaies argents (5frs, 10frs, 50frs et 100frs) vente au cours du jour de la négo, non échangeables sauf contre coffrets ci-dessus.
Mes amis, mes frères en numismatique,

Arrêtons de dénigrer systématiquement le privé, le commercial, le "profit" et apprenons à comprendre les règles de l'économie..... Nous sommes pourtant pas mal placé pour ce faire.

Le privé: un entrepreneur décide de faire un truc qui lui plait, y met ses économies et entend en retirer un profit (en gros, qui rémunère ses économies). Les entreprises françaises tirent à peine 5% de résultat d'exploitation en moyenne, après impôts et salaires. Alors, oui, c'est 10 fois plus que la caisse d'épargne, mais avec le risque de tout perdre. D'ailleurs, 20 % des entreprises sont en perte. Et encore, ces 5 % doivent aussi permettre de financer la croissance (investissement en machines, en prospection etc).
Les chiffres de l'article en lien concernent les PME et ETI.
Mais ce n'est pas plus brillant pour les grands du CAC. 60 Md de dividendes versés en 2019 (sur les résultats 2018) et une capitalisation de 1832 Md au 31/12/2019 (désolé, les dates ne sont pas cohérentes, mais je n'ai rien trouvé de mieux). Soit un rendement de 3.2%. Mieux que la caisse d'épargne encore, en effet, mais un risque de perte en capital majeur (indice 6000 en 2000, maximum historique, indice 5945 hier, soit aucune valorisation du capital en 20 ans, soit en terme "net", une perte de 25% en 20 ans d'inflation .
Pour compléter, 70% des investisseurs du CAC 40 sont des "zinzins" (investisseurs institutionnels) c'est à dire des caisses d'assurances et des caisses de retraite......;

Le public: non concurrentiel; augmente les impôts et emprunte quand il dépense trop. Quand le déficit budgétaire de l'État est en gros de 60 Md par an, il emprunte 60 Md de plus. Easy.
Ou alors, il cherche à faire de l'argent, notamment par ses entreprises du domaine concurrentiel. La MdP par exemple.
La Monnaie est une entreprise d'État. Pas un service public. L'État en est actionnaire à 100% mais l'activité de la Monnaie doit rapporter de l'argent.
En compta publique, le principe de base est celui de la non affectation des recettes: si l'armée vend des immeubles, le produit de la vente est reversé au pot commun du budget de l'État. Donc, pour simplifier, tout le monde se fout de savoir si on rentre de l'argent ou pas puisqu'on en verra pas la couleur......
Dans sa grande sagesse, l'État a crée le concept d'EPIC (établissement public industriel ou commercial). C'est une société, dont la rentabilité servira à payer les bonus du chef, l'intéressement des salariés etc... et, in fine, versera des dividendes à son actionnaire unique. Les bénéfices profitent avant tout à ceux qui les génèrent. Ça, ça motive. Les ouvriers d'état de la monnaie sont particulièrement bien traités au niveau social.

Mais la politique de la monnaie est faite par ses dirigeants, pour la plupart issus du public et sans connaissances réelles des règles du "marché" (en fait, le marché, ici, c'est nous). La plupart des PDG de la monnaie et de leurs équipes nous traitent en contribuables, c'est à dire en "clients captifs". Il faut du fric, donc on augmente.

Seul Christophe Beaux (PDG de 2007 à 2017) a eu une réelle approche "privée" de notre marché: il a été attentif à sortir des produits de qualité (en termes artistiques, en teneur en métal fin, en "gamme" etc.), en quantité raisonnables, en produits avec une vraie valeur (on peut toujours au pire rapporter ses euros à la BdF qui a obligation de les reprendre car les euros de Beaux avaient une valeur faciale avec pouvoir libératoire et étaient crées par arrêté du ministère des finances, avec pouvoir libératoire).
Il est vrai que Monsieur Beaux (j'utilise à dessein le Mr pour souligner mon admiration), avait certes fait Sciences-Po / ENA, mais avait aussi fait HEC et participé aux équipes de sortie de crise de la RATP, de la SNCF, d'ADP, du Lyonnais, etc... Un homme d'entreprise, donc.

Pour revenir sur les chiffres du rapport d'activité cité plus haut....

Bien que l'activité régalienne baisse (il ne s'agit plus que de frapper les euros "de rechange"), le chiffre d'affaire à doublé, dont 50% sur l'activité commerciale (en cherchant d'autres marchés, pour pérenniser l'activité et .... sauver des emplois, garder la compétence etc.). Que les effectifs ne soient plus ouvriers d'état, avec un statut crée sous Colbert mais salariés de droit commun, c'est normal, surtout pour un EPIC, dont la vocation est d'agir sur le marché concurrentiel. Crée par Charles le Chauve en 864, la MdP a connu son premier exercice bénéficiaire (c'est à dire que pour la première fois, elle n'a rien couté au contribuable) en .... 2009.




https://www.google.com/search?ei=3FcxXqKHHsKAjLsPlJSv-Ag&q=premier+exercice+b%C3%A9n%C3%A9ficiaire+monnaie+de+paris&oq=premier+exercice+b%C3%A9n%C3%A9ficiaire+monnaie+de+paris&gs_l=psy-ab.3...5897.11237..11556...0.4..2.442.3902.4j24j1j0j1......0....1..gws-wiz.......0i71j0i13j0i7i30j0i8i7i30j0i8i7i10i30.Vdk-_q34FIc&ved=0ahUKEwii5aDXxqjnAhVCAGMBHRTKC48Q4dUDCAs&uact=5https://business.lesechos.fr/directions-financieres/comptabilite-et-gestion/controle-de-gestion/021572808620-la-rentabilite-des-entreprises-en-baisse-reguliere-depuis-2008-205679.php
https://www.lesechos.fr/finance-marches/marches-financiers/versements-records-aux-actionnaires-du-cac-40-en-2019-1161373
Vieille Pile
Bon commentaire VieillePile . On sent que tu as étudié le sujet Etablissements Publics à Caractère Industriel et Commercial. Un plaisir quand les idées sont claires.
Cependant, qq commentaires personnels sur l'orientation, l'esprit et statut de leurs personnels d'exploitation à tous les échelons.
Et, sur le sens et le but d'Etablissements Publics et leurs raisons d'être.

Si on conçoit la nécessité de constituer dans une communauté nationale divers échelons d'administrations qui dans un soucis d'équité et du service (Et non pas l'inverse comme la dérive est constante à présent) à tous les citoyens on admet ; des ministères, des régions, des départements, des municipalités, et le cheveux sur la soupe; l'Europe.

Au rang inférieur des fonctionnements publics il y a ; Les Etablissements Publics d'Etat à capitaux publics majoritaires. Les agents d'exploitations tous niveaux sont des fonctionnaires.

les Etablissements chargés de Concessions de Services Publics qui sont plus ou moins justifiés quand l'Etat qui est normalement chargé d'en assurer le service sous sa responsabilité mais ne le peut pas car n'étant pas équipé pour ; donc il le Concède sous contrat à des entreprises privées.

Les Etablissements Publics à caractère Industriel et Commercial. Là, le plus souvent cela est de la déconnade totale... Pourquoi?

Parce que dans une Démocratie Républicaine l'esprit général des Administrations Publiques, de ses Etablissements Publics et les Concédés sont d'abord UN DEVOIR de l'Etat vers son concitoyen et n'est pas à but lucratif A SES DEPENS (Ceux du citoyen) (Dépens = dépenser et non pas dépendre) .
Le fonctionnement budgetaire DOIT (Là c'est une nécessité) quand l'Etablissement le permet, FAIRE des profits pour assurer ses coûts, fonctionnements, investissements, SEULEMENT. Et non pas créér des bénéfices au-delà du nécéssaire à ses besoins.
Que ; lorsque l'exploitation concédée arrive sous contrat à terme, elle doit être retournée à l'exploitation Publique et assurée par des fonctionnaires ou assimilés.

Que ; Il n'y a pas de justification à déclarer un statut d'exception et/ou dérogation à ces règles publiques sous prétexte de "spécialisation" quelconque (Comme fabriquer de la monnaie, qui est une charge publique de l'Etat comme une autre) pour lui accorder l'activité supplémentaire d'une avidité au gain outrancière comme le fait une entreprise privée dont la raison d'être est d'en faire et de distribuer des profits à des actionnaires).

Autant qu'on sache, il n'y a pas d'actionnaires privés qui "prennent des risques financiers" à la MDP mais laquelle pour autant profite des soutiens de l'Etat, y compris "d'image de confiance" alors qu'elle ne le devrait pas. Alors, où vont les profits générés sous le couvert de l'Etat? Dans des salaires, des primes, des investissements matériels, et même de la publicité? Ne serait-ce même une partie des profits reversés à l'Etat, ce n'est pas son rôle. (Accessoirement publicité mensongère avec appâts et sugestions de collections et "d'investissement" à titulature de métaux précieux dérisoires et prix de vente aux valeurs faciales de 70% supérieure à leur valeur intrinsèque!). Et tout celà sous l'égide de l'Etat qui s'en fait complice ?!
Mais où va-ton à ce petit jeu?... Cela s'appelle "une mafia, une dérive de l'esprit DU SERVICE PUBLIC qui n'y est plus.
Une entreprise privée qui tromperait l'appel au consommateur en ne respectant pas ses obligations de garanties régies par le Code Civil par milliers d'articles et réglements : ON LA FOUTRAIT EN TAULE .
.
Bonsoir 3francs

On s'attaque là à au moins quatre sujets: la philosophie (pour la définition de l'État), la politique, la monnaie et le droit public des biens...

La philosophie. Nous en sommes toujours théoriquement à une démocratie telle que définie par les philosophes des Lumières: un État (fondé sur les trois pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire), auquel les citoyens délèguent l'exercice des pouvoirs régaliens (armée, diplomatie, police, justice, monnaie) et versent un impôt pour le financement des missions déléguées. Ça, c'est le contrat social.
La troisième République, dans sa doctrine "anticalotine" a décidé d'y adjoindre des missions nouvelles, précédemment exercée par l'Église: enseignement, santé, social et a levé de nouveaux impôts.
La bête s'alimentant d'elle même, la république a embauché des fonctionnaires, conformes à l'idée que l'on s'en fait: de plus en plus nombreux et de moins en moins efficaces.
Globalement, les recettes fiscales sont de 250 Md d'euros, les traitements de 130 Md, les pensions de 60 Md (dont 2 pour les ouvriers d'état), les intérêts de la dette de 50 md. Reste ..... rien, ou presque.

La politique. L'État emprunte donc (est obligé d'emprunter puisque les impôts sont déjà élevés) pour pouvoir donner à ses agents un minimum de moyens (le gaz-oil de la 4 L du gendarme, l'électricité du palais de justice, etc.) et se débarrasse du plus de missions possibles. On est déjà proche du gag, puisque les prélèvements obligatoires sont en France les plus élevés de l'OCDE et qu'ils ne permettent que de payer les frais de personnel. En gros, les impôts les plus élevés du monde occidental ne permettent qu'aux fonctionnaires de rester chez eux. Si on veut leur donner les moyens, il faut emprunter.
A noter que cette "bizarrerie" est commune aux trois fonctions publique (État, collectivités locales et Hôpitaux).

Alors l'État se décharge de ses missions sur d'autres:
- Les collectivités locales, dont les barons sont trop fier d'avoir de nouveaux pouvoirs (ce qui les amènera à lever des impôts supplémentaires): éducation, routes nationales etc. sont maintenant "décentralisées".
- Le privé, qui seul peut encore (pour l'instant) financer les grands travaux d'équipement ou les services dont l'État ne peut plus financer le fonctionnement. Les exemples sont nombreux et édifiants:
. PPP (partenariats public privé). Un hôpital de classe mondiale à Paris , un État-Major des armées à Balard, un stade Pierre Mauroy à Lille, des autoroutes, une ligne TGV, un viaduc à Milhau ? Pas de souci, le privé investit et le public paye un loyer.
. Affermage. Tu pensais que les fermiers généraux avaient disparu en 1789 ? Que nenni. L; État a confié à Ecomouv le soin de concevoir, installer et gérer la taxe poids lourds, en contrepartie d'un fermage annuel....
. Délégation de services publics, dont l'affermage est un outil comme la concession ou la mise en régie (Type RATP, ou Renault après guerre).
. Le bottage en touche, alias foutage de gueule: des pans entiers sont délégués, l'État ne pouvant plus faire: la sécurité (polices municipales, sociétés de sécurité privée), la défense (sociétés militaires privées), justice (tribunaux arbitraux, commissions de discipline des fédérations sportives pour les 1ères et 2èmes instances, nouvelle loi déportant le jugement des divorces sur les notaires et avocats, etc.)

La monnaie.
Affermée, comme le reste, pendant longtemps: le gouvernement commandait des quantités à ses fermiers, qui fabriquaient à leurs frais, remettaient les volumes commandés aux services de l'État et versaient en plus le droit de seigneuriage.
Puis est intervenue la création de la Banque de France (privée), qui a petit à petit acquis le monopole de l'émission, y compris métallique. La Banque passait simplement des commandes commerciales à la Monnaie, administration royale et les lui payait. La marge (seigneuriage) restait directement à l'État mais la garantie (en or et argent) des billets émis restant à la BdF.

Droit public des biens. Le dernier changement intervenu en 2007 (passage de l'Administration des Monnaies et Médailles sous le statut d'EPIC) n'est pas forcément le dernier.... Je vois très bien l'État vendre la MdP au privé (par exemple 20 fois son bénéfice annuel), pour encaisser en une seule fois les bénéfices de 20 ans, assorti, pourquoi pas, d'une cht'iote soulte sur les augmentations de bénéfice à venir.

En conclusion, je dirai "et pourquoi pas ?". La frappe des monnaies, hors monnaies courantes et circulantes, n'est pas un service public. Le service public, c'est Pessac. Conti, c'est juste du business......









http://www.senat.fr/rap/a18-150-5/a18-150-52.html
https://fipeco.fr/fiche.php?url=Les-d%C3%A9penses-de-personnel-de-lEtat




Pour la partie droit des biens:
Depuis l'édit de Moulins, en 1566, on différencie l
Vieille Pile
Merci pour ces messages détaillés qui participent à l'éducation de tous.

Je suis intimement persuadé que cela va être privatisé à moyen terme. Bien sûr les amis du pouvoir en place vont s'en mettre plein les fouilles comme pour les jeux en ligne, les autoroutes ou les retraites bientôt. (;0
Bonsoir Didi,

Je comprends que tu tiens pour la théorie du grand capital gagnant allié au pouvoir. Je ne sais pas si c'est le cas, mais j'ai des arguments qui me font penser un peu le contraire, que c'est l'état qui est gagnant, en encaissant du cash d'avance, toujours pour payer ses frais de personnel, sans avoir à lever de nouvel impôt.
Je reprends tes exemples:

FDJ.
Privatisée fin 2019. L'état en détenait 72%, le personnel 5%, la fédération Maginot (anciens combattants) 4%, les gueules cassées (blessés de guerre) 10%.
L'état en vend 51 % mais en garde 21%, avec majorité des droits de vote. Les acheteurs n'auront donc jamais droit à la décision.....
FDJ reverse 100 M par an de dividende et 3.5 Md de taxes. L'état ne touchera plus de 30 M de dividende mais toujours 3.5 Md de taxes....
L'état va toucher 1 Md de la vente. Plus un autre, pour la conservation du monopole pendant 25 ans. Et dans 25 ans pourra redemander 1 Md. Sauf si le monopole est annulé par une loi européenne.
Les seuls gagnants pour l'instant sont l'état et les actionnaires actuels, grâce à la hausse des cours de 20% en 1 mois. Et bien sur, toutes les assos aidées par la FDJ (fondation du patrimoine, centre national du développement du sport, programme patrimoine-emploi, etc....

Autoroutes.
Construites par les entreprises et exploitées par elles pour la durée du contrat, en échange du paiement en une seule fois de tous les péages qu'elles vont collecter sur la durée du contrat (diminué des marges autorisées par le contrat). A l'issue du contrat, l'autoroute revient à l'état, qui la remet en appel d'offre.
En fait, le système est que les entreprises avancent le coût des travaux et payent en avance à l'état les péages de la durée du contrat..... C'est ça, le principe du partenariat public-privé.

Réforme des retraites.
C'est toujours la CNAV qui gérera l'ensemble des retraites.... C'est un organisme paritaire, dont le président actuel appartient à ... FO.
https://www.lassuranceretraite.fr/portail-info/files/live/sites/pub/files/Presse/Communiqu%C3%A9s/180207-Gerard-Riviere.pdf
Vieille Pile
Oui VieillePile, très bonne réponse à la mienne. On est tellement d'accord sur presque tout (A part quelques détails de définitions et sémantique) que pour une fois on va devoir faire plus difficile que de "dire le contraire pour dire le contraire" pour nourrir la conversation comme on le voit presque tout le temps ici et ailleurs :-)
C'est plus difficile d'être d'accord sur un sujet car là, il faut le développer avec arguments pour l'alimenter avec intérêt. Sinon, il vaut mieux se taire :-)

Vrai que le sujet des institutions publiques et ses structures est énorme et il faudrait un livre pour tout aborder. Les amphithéatres de Droit et Sciences Politiques & Economiques sont là pour ça. On a déja commencé mais il faut recentrer sur la monnaie bien que les digressions sont indispensables, comme toujours, pour bien savoir et comprendre de quoi on parle.

Sans remonter à l'Ancien Régime et l'intéressante Histoire des monnaies mais trop différente de celle des "Républiques" c'est le mot "Public" donc "Service Public de la monnaie en République" qui nous concerne. Ce que le roi voulait et décidait, le peuple ne le veut pas forcément depuis Napoléon III. Plus exactement depuis Mac Mahon et la troisième République qui fut la première démocratie à instituer les Services Publics avec tout ce que cela entraine à celui du peuple et qui nous occupe encore. Ce n'est pas pour rien que depuis lors la monnaie française n'affiche plus l'effigie d'un monarque mais des déesses grecques et romaines meilleurs symboles des sénats et parlements antiques, voire Révolutionnaires comme Marianne et la Semeuse qui survivent toujours jusqu'à nos Euros.

C'est pourquoi le Service Public prend tout son sens notamment pour la monnaie bien que la Monnaie de Paris remontant à Colbert au "service du roi" perd le sien. On est encore d'accord quand tu dis "Pourquoi pas!" (la supprimer?). Ce "truc" à faire du fric de bazar ambulant n'a pas sa place au sein de l'Etat qui est le bien de tous et d'en usurper l'image pour s'en servir comme "Les marchands du temple" qu'il faut chasser de la"maison du culte" soit; du Service Public puisque ce truc n'en remplit pas le rôle et sert d'abord son intérêt privé.

Qu'on crée une entreprise privée qu'elle est pour fabriquer des commémoratives avec exception pour les 2 euros à valeur libératoire sans métal précieux, des médailles et autre bimbeloterie à but commercial, voire de la bijouterie monnaie en métal précieux avec valeur symbolique non libératoire puisque ces bidonnages ne circulent pas et on en parlera plus. Ces fabrications fantaisistes concernent peu de numismates et ne sont même pas conformes aux règles de l'Europe monnétaire qui ne les demande pas.

Pessac et Chamalière remplissent très bien le Service Public de la monnaie circulante officielle pour les pièces et billets et que la Monnaie de Paris ne soit qu'une maison intégralement privée sans ambigüité avec la monnaie de l'Etat. Qu'elle frappe de la monnaie pour les Etats Nations d'autres communautaires européens si cela entre dans leurs limites constitutionnelles et dans les tolérances de la Banque Centrale Européenne.
.
J'adore ces échanges. :-)

Perso, je vais donner mon avis sur un point bien particulier, levé par VeillePile.

"L'État emprunte"
...
"Le privé, qui seul peut encore (pour l'instant) financer les grands travaux d'équipement ou les services dont l'État ne peut plus financer le fonctionnement."

Le privé a ce pouvoir, en effet.
Mais il est intéressant de savoir pour quelle raison.
Le privé augmente majoritairement sa capacité financière via les gains sur les marchés financiers, gain qui sont isssus d'une création monétaire ex nihilo bancaire privée.

Pour simplifier, de comprendre que pour payer la plus value d'un bien, une action, par exemple, son acheteur devra, lui, demander un crédit bancaire, crédit qui s’octroie de manière ex nihilo (à partir de rien, en ajoutant des chiffres sur un compte).

C’est ici que le terme est interessant,ex nihilo, car on a interdit aux états d'en faire de même. S'ils ont toujours le pouvoir régalien de "battre monnaie", il ne peuvent plus en user pour se financer.

Comprendre donc par là que si aujourd'hui, l'Etat a besoin des apports privés pour ces grands chantiers, c'est aussi parce que les règles du capitalisme lui ont interdit de s'auto-financer.

C'est un problème systémique profond que malheureusement, peu de gens appréhendent correctement, croyant, à tord que l'argent est toujours fabriqué par l'Etat et que les banques commerciales privées leur prête de l'argent qu'ils ont en stock.

Pour l'ensemble de la discussion, je suis plutôt d'accord avec 3francs6sous.
La MdP surf sur une ancienne autorité pour son propre compte, même si l'Etat y trouve aussi un moyen de capter de l'argent.

Les exemples donnés des concessions faites, ne me semble par ailleurs pas vraiment bonne.
Elles apportent un financement immédiat, mais l'Etat se doit de gouverner sur le long terme, et là, les concessions autoroutières ou FDJ ne sont plus du tout rentable.
Pire, elles coutent en plus de l'argent, il suffit de voir les financements publics accordés aux concessionnaires autoroutiers. Peut-être les contrats ont-ils été signé ainsi, mais dans ce cas, ils devraient être dénoncés.
Recherche (échange ou achat) coffret France FDC 1967, BU 91/92
Monnaies argents (5frs, 10frs, 50frs et 100frs) vente au cours du jour de la négo, non échangeables sauf contre coffrets ci-dessus.
J'adore aussi ces échanges ;-)
Sachant que par ailleurs des millions de personnes pensent "trop d'état", d'autres millions "pas assez d'état", et que de toutes manières, tous les systèmes ont déjà été testés...
Ce serait mieux autour d'une bière, mais le net n'est encore que virtuel......
  • "Le privé augmente majoritairement sa capacité financière via les gains sur les marchés financiers, gain qui sont isssus d'une création monétaire ex nihilo bancaire privée".
    [list]
  • Faux; on l'a vu, le résultat net des entreprises tourne à peine autour de 3 à 5%. La capacité d'autofinancement est faible et pas en rapport avec les besoins pharaoniques des investissements publics.
  • Le privé est donc obligé, lui aussi d'emprunter. Mais les capacités d'emprunt sont extrêmement surveillées pour les entreprises; les critères sont nombreux, mais grossièrement, tu ne peux pas emprunter plus du tiers de ton bénéfice annuel, avec des limites aussi sur ton capital et ton chiffre d'affaire. Bouygues, par exemple ne devrait pas pouvoir emprunter plus de 300 M par an (1 Md de résultat net). Et 300 M, ça finance à peine 150 km d'autoroute et certainement pas assez pour l'état major des armées à Balard (4 Md prévus au début) ou les autres projets remportés.
  • Les emprunts des entreprises étant gagés (garantis par) sur les projets en question, les banques acceptent de déroger sensiblement aux ratios habituels, mais avec des limites quand même. Actuellement les grands groupes de construction sont surendettés et leurs actifs (projets) potentiellement déjà affectés aux banques prêteuses.
[*]"Pour simplifier, de comprendre que pour payer la plus value d'un bien, une action, par exemple, son acheteur devra, lui, demander un crédit bancaire, crédit qui s’octroie de manière ex nihilo (à partir de rien, en ajoutant des chiffres sur un compte)".
  • Pas juste non plus, car les capacités de prêt des banques sont aussi limitées, par tout un tas de mesures juridiques. On a appelé ça les ratios Cooke, puis Bâle (1 puis 2 puis 3) qui définissent les limites de prêt des banques, basées sur leurs bilans: ration de liquidité, d'effet de levier, de fonds propres etc.
  • Le tout étant sous contrôle et pouvoir de décision de la Banque Centrale Européenne. Qui n'est pas une affreuse structure toute dévouée au capitalisme, mais une institution indépendant, dont la mission est de soutenir le pouvoir d'achat tout en contrôlant l'inflation.
  • Le tout permettant justement de maîtriser la tentation d'imprimer du papier sans tenir compte des conséquences. L'histoire a été suffisamment riche de tels débordements pour vouloir s'en préserver.
  • Et by the way, la création monétaire a toujours été ex nihilo ou presque, les réformations de nos rois faux monnayeurs nous en donnant suffisamment d'exemples.
[*]"Les exemples donnés des concessions faites, ne me semble par ailleurs pas vraiment bonne. Elles apportent un financement immédiat, mais l'Etat se doit de gouverner sur le long terme, et là, les concessions autoroutières ou FDJ ne sont plus du tout rentable".
  • "Apportent un financement immédiat": c'est justement pour avoir du cash de suite que l'état vend ses bijoux de famille. Mais au delà, la vocation de l'état est-elle (pour la FDJ ou la SEITA-Altadis) de vendre des services ou produit dont il dénonce par ailleurs l'aspect nocif et addictif ?
  • "L'état se doit de gouverner sur le long terme": certes, mais le fait-il ? Les politiques sont en général conjoncturelles, à horizon du mandat. Deux exemples de décisions uniquement basées sur des considérations politiques, nocives et coûteuses à moyen terme:
    [list]
  • Décision de retrait de la taxe poids lourds: le contrat d'affermage de l'impôt ayant déjà été signé, il a fallu dédommager le contractant; coût, 1 Md......
  • Décision de ne pas appliquer les hausses prévues contractuellement avec les opérateurs / concessionnaires (Gaz, électricité, autoroutes): les hausses ont été appliquées plus tard, cumulées sur la période de moratoire.
[*]En fait, tout le monde s'attend à ce que l'État soit sérieux et respecte ses engagements (les contrats qu'ils signe). S'il ne le fait pas, il perd sa crédibilité et ne trouvera plus de poires (pardon, d'opérateurs privés) pour le soulager des missions qu'il ne veut plus assurer.
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[*]"Pire, elles coutent en plus de l'argent, il suffit de voir les financements publics accordés aux concessionnaires autoroutiers. Peut-être les contrats ont-ils été signé ainsi, mais dans ce cas, ils devraient être dénoncés".
  • Il n'y a pas de financement public des autoroutes..... Elles sont confiées (au moins disant, après appel d'offre) à des concessionnaires privés, qui les construisent, versent le prix contractuel à l'État (15 Md lors du dernier renouvellement), payent 300 M par an de droits divers, collectent les taxes sur les péages, font les travaux et rendent les autoroutes à l'État, qui les remet en concession sur nouvel appel d'offre (en gros, les opérateurs repayent pour retrouver l'autoroute qu'ils ont construite).
  • Et dénoncer les contrats.... on a vu pour Ecomouv. Si un état dénonce sans compensation (prévue contractuellement) un contrat passé...... je ne donne pas cher de sa crédibilité à court terme.
[*]Nous sommes simplement dans une situation dans laquelle l'État n'a plus les moyens de faire autre chose que payer ses agents (actifs ou retraités) et se reporte de ses missions sur des tiers privés.
[/list]


La situation actuelle est que:
  • Les citoyens paient l'impôt d'un coté; pas tous bien sur, et de manière inégalitaire voire confiscatoire.
  • L'État consomme tout pour sa cour
    [list]
  • grande noblesses: les élus;
  • noblesse, les fonctions publiques;
  • clergé: presse et syndicats)
[*]tout en se délestant des missions régaliennes qu'il ne sait plus financer:
  • armée: sociétés militaires privées; les américains par exemple, ont employé en Irak plus de "contractors" que de GIs....... (170.000 à la fin !!!).
  • police: société de sécurité et de gardiennage, polices municipales
  • justice: déport sur l'arbitrage (toute la justice de commerce, y compris lorsque l'État est partie prenante au contrat), toute une partie du droit de la famille (divorces) confiée aux avocats et notaires,
  • libre circulation en toute sécurité dans le royaume ? ;-) Les autoroutes sont concédées, le stationnement sur la voie publique aussi, les droits collectés par des agents privés et les aires de stationnement surveillées sur les autoroutes sont payantes....
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Vieille Pile
Je valide fort @ehplodor et la conclusion sur la situation actuelle de ViellePile !

Par contre concernant les autoroutes, le renflouement des sociétés privées et les différents rapports de la cour des comptes te contredisent chère VieillePile
Cf: https://www.monde-diplomatique.fr/2012/07/DESCAMPS/47973
Oui je sais on va me dire c'est de goooche mais peu importe, seuls les faits comptent.
Rajoutons également " l'optimisation fiscale", via différents paradis que pratiquent allègrement les grands du btp en charge de nos autoroutes.. Ce qui explique aussi certaines capacités de financement.

Pour la fdj on verra quand les lotteries etc.. seront liberalisees de force par l'UE.
Attention je dis de force mais nos dirigeants sont consentants, ça les arrange juste de pouvoir mettre ce qui ne va pas sur le dos d'une entité supranationale.

Enfin le cartel bancaire.. La BCE.. Deux faces de la même pièce
J'adore nos débats ;-)

Et Dieu ou un quelconque architecte soient loués, ces débats restent courtois. Merci à (nous) tous ;-)

Ils permettent de faire des petites recherches et construire des opinions basées sur des faits, et pas sur de simples croyances.

Je vais commencer par le Monde Diplomatique. Que je lis à l'occasion, car toujours bien écrit et riche de faits et chiffres. Par contre, c'est vrai que c'est un journal d'opinion et pas d'information. Que les chiffres sont alors assortis d'opinion tranchée qui n'ont rien à voir avec les chiffres présentés ou leur tordent le cou pour leur faire dire le contraire de ce qu'ils disent.

En utilisant des sources le plus objectives possibles (wiki, greffe du tribunal de commerce ou le Diplo lui même) j'en ferai une analyse financière et juridique (I), avant de passer à la ligne éditorialiste (II), avant de conclure sur ce que j'en pense.....

La partie financière et juridique (premier lien, source le Monde Diplomatique et greffe).
Le Monde Diplo appartient à 51% à Le Monde SA.
Le Monde SA appartient lui même à 20% au groupe espagnol Prisa, à 75% à la SCA Le Monde Libre et à 5% aux journalistes eux-mêmes (information délicatement omise par l'article du monde en deuxième lien).
La SCA Le Monde Libre (forme juridique aux spécificités juridiques, financières et fiscales amusantes, en général fort prisée des grands entrepreneurs) appartient quant à elle à Pigasse (DG délégué de la Banque Lazard, propriétaire des Inrocks, de RadioNova et du Huff') et Niel (fondateur et propriétaire de Free).

Dans ce schéma, en imaginant un capital de 100 euros dans le Monde Libre, on obtient la majorité dans le capital du Monde SA à 133 euros. Ces 133 euros représentent 51% du capital du Monde Diplomatique à un capital qui devient donc 261 euros.
Belle ingénierie financière qui donne avec 100 euros la majorité des voix sur un capital de 261 euros.

Sur le plan financier .... belle machine à cash aussi...en partie grâce aux subventions.
Le Monde Diplomatique fait en 2017 un chiffre d'affaire de 12 M, dont 310 K euros de subvention et .... 2 M de résultat d'exploitation. Joli rendement mais pourquoi subventionner ?
Et en parlant subventions et aides (3ème et 4ème liens) ....
En 2017, 6 Millions d'euros pour le groupe, en dehors des autres avantages (-20% sur les cotisations sociales de la distribution, abattement de 7650 euros des revenus des journalistes, etc.)

La ligne éditorialiste.
Selon le journal lui même "Il conjugue une large ouverture sur les questions internationales avec une vision critique de ce qui demeure le plus souvent dans l’angle mort de la presse : l’idéologie et le fonctionnement global du capitalisme, les conséquences écologiques et sociales du libre-échange, les dangers du « choc des civilisations », l’arrière-plan des alliances militaires, les utopies nécessaires, les perspectives des nouvelles formes de démocratie à l’ère des grands basculements géopolitiques."
Selon Wiki, "gauche radicale, tiers-mondiste, altermondialiste, anticapitaliste, antilibéral et antiaméricaniste". Qualificatifs qui feraient rosir de plaisir Staline, Mao et Enver Hodja.

Mais bon, après avoir goûté de la finesse de l'ingénierie financière et apprécié en connaisseur l'efficacité économique du modèle, on peut se demander s'il n'y a pas plumage de pigeon quelque part.... Ce qui me fait un peu penser aux intellectuelzengagés qui se font ramasser avec des comptes en Suisse ou aux Caïmans.....


Bon, la suite sur les autoroutes au prochain numéro, il faut que je relise bien l'article et trouve des sources ;-)


https://www.monde-diplomatique.fr/2018/11/A/59200
https://www.lemonde.fr/actualite-medias/article/2019/09/10/comment-l-actionnariat-du-groupe-le-monde-est-organise_5508557_3236.html
https://fr.wikipedia.org/wiki/Aides_%C3%A0_la_presse_en_France
https://www.culture.gouv.fr/Sites-thematiques/Presse/Aides-a-la-presse/Les-chiffres-des-aides-a-la-presse/Tableaux-des-titres-et-groupes-de-presse-aides-en-2017
Vieille Pile
Tu fais bien de signaler que TOUTE la presse en Gaule est occupée (;0Toute ? Non, car des cybervillages d'irréductibles journalistes d'investigation réellement indépendants résistent encore et toujours malgré l'opprobre "complotiste" qui leur est jetée :O​​​​​​

Le wiki y va un peu fort sinon sur les qualificatifs du monde diplo, je trouveB.
​​​​​​
@ Didi: ben pour wiki, même moi, j'osais pas, je trouvais ça gonflé. Puis en cliquant sur les liens, j'ai vu que ça venait en partie du Monde (mâtin, quel journal), alors je me suis lâché parce que j'ai trouvé que ma série avait de la gueule ?
Vieille Pile
@ Didi.

Et, oui, les journaleux , je leur en veux. Ils ont une mission, un apostolat. Ils sont normalement le contre pouvoir qui nous élève et nous ouvre les yeux. Mais ils sont gavés comme des oies et s'accrochent à leurs statuts, avantages, cartes etc, ont un QI de moule ( que les moules me pardonnent ) et plus de convictions que de culture..
Ils comparent un chiffre brut 2007 à un autre net 2012, font quelques effets de verbe et estiment avoir bossé. Gougnafiers. Escrocs.
Vieille Pile

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