Bonsoir 3francs
On s'attaque là à au moins quatre sujets: la philosophie (pour la définition de l'État), la politique, la monnaie et le droit public des biens...
La philosophie. Nous en sommes toujours théoriquement à une démocratie telle que définie par les philosophes des Lumières: un État (fondé sur les trois pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire), auquel les citoyens délèguent l'exercice des pouvoirs régaliens (armée, diplomatie, police, justice, monnaie) et versent un impôt pour le financement des missions déléguées. Ça, c'est le contrat social.
La troisième République, dans sa doctrine "anticalotine" a décidé d'y adjoindre des missions nouvelles, précédemment exercée par l'Église: enseignement, santé, social et a levé de nouveaux impôts.
La bête s'alimentant d'elle même, la république a embauché des fonctionnaires, conformes à l'idée que l'on s'en fait: de plus en plus nombreux et de moins en moins efficaces.
Globalement, les recettes fiscales sont de 250 Md d'euros, les traitements de 130 Md, les pensions de 60 Md (dont 2 pour les ouvriers d'état), les intérêts de la dette de 50 md. Reste ..... rien, ou presque.
La politique. L'État emprunte donc (est obligé d'emprunter puisque les impôts sont déjà élevés) pour pouvoir donner à ses agents un minimum de moyens (le gaz-oil de la 4 L du gendarme, l'électricité du palais de justice, etc.) et se débarrasse du plus de missions possibles. On est déjà proche du gag, puisque les prélèvements obligatoires sont en France les plus élevés de l'OCDE et qu'ils ne permettent que de payer les frais de personnel. En gros, les impôts les plus élevés du monde occidental ne permettent qu'aux fonctionnaires de rester chez eux. Si on veut leur donner les moyens, il faut emprunter.
A noter que cette "bizarrerie" est commune aux trois fonctions publique (État, collectivités locales et Hôpitaux).
Alors l'État se décharge de ses missions sur d'autres:
- Les collectivités locales, dont les barons sont trop fier d'avoir de nouveaux pouvoirs (ce qui les amènera à lever des impôts supplémentaires): éducation, routes nationales etc. sont maintenant "décentralisées".
- Le privé, qui seul peut encore (pour l'instant) financer les grands travaux d'équipement ou les services dont l'État ne peut plus financer le fonctionnement. Les exemples sont nombreux et édifiants:
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PPP (partenariats public privé). Un hôpital de classe mondiale à Paris , un État-Major des armées à Balard, un stade Pierre Mauroy à Lille, des autoroutes, une ligne TGV, un viaduc à Milhau ? Pas de souci, le privé investit et le public paye un loyer.
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Affermage. Tu pensais que les fermiers généraux avaient disparu en 1789 ? Que nenni. L; État a confié à Ecomouv le soin de concevoir, installer et gérer la taxe poids lourds, en contrepartie d'un fermage annuel....
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Délégation de services publics, dont l'affermage est un outil comme la concession ou la mise en régie (Type RATP, ou Renault après guerre).
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Le bottage en touche, alias foutage de gueule: des pans entiers sont délégués, l'État ne pouvant plus faire: la sécurité (polices municipales, sociétés de sécurité privée), la défense (sociétés militaires privées), justice (tribunaux arbitraux, commissions de discipline des fédérations sportives pour les 1ères et 2èmes instances, nouvelle loi déportant le jugement des divorces sur les notaires et avocats, etc.)
La monnaie.
Affermée, comme le reste, pendant longtemps: le gouvernement commandait des quantités à ses fermiers, qui fabriquaient à leurs frais, remettaient les volumes commandés aux services de l'État et versaient en plus le droit de seigneuriage.
Puis est intervenue la création de la Banque de France (privée), qui a petit à petit acquis le monopole de l'émission, y compris métallique. La Banque passait simplement des commandes commerciales à la Monnaie, administration royale et les lui payait. La marge (seigneuriage) restait directement à l'État mais la garantie (en or et argent) des billets émis restant à la BdF.
Droit public des biens. Le dernier changement intervenu en 2007 (passage de l'Administration des Monnaies et Médailles sous le statut d'EPIC) n'est pas forcément le dernier.... Je vois très bien l'État vendre la MdP au privé (par exemple 20 fois son bénéfice annuel), pour encaisser en une seule fois les bénéfices de 20 ans, assorti, pourquoi pas, d'une cht'iote soulte sur les augmentations de bénéfice à venir.
En conclusion, je dirai "et pourquoi pas ?". La frappe des monnaies, hors monnaies courantes et circulantes, n'est pas un service public. Le service public, c'est Pessac. Conti, c'est juste du business......
http://www.senat.fr/rap/a18-150-5/a18-150-52.html
https://fipeco.fr/fiche.php?url=Les-d%C3%A9penses-de-personnel-de-lEtat
Pour la partie droit des biens:
Depuis l'édit de Moulins, en 1566, on différencie l